Sommes-nous libres de choisir le mal? – Dissertation TL

Sujet à analyser et textes à lire pour le lundi 2 octobre. Dissertation à rendre le lundi 9 octobre.

Pour traiter ce sujet de dissertation, vous devrez faire référence à au moins deux de ces textes (et à aucun autre texte non cité ci-dessous)

Scènes de films pour problématiser: Résultat de recherche d'images pour "Expérience de milgram"

Vidéo de l’expérience de Milgram – reproduite dans le film I comme Icare: http://www.dailymotion.com/video/xak9gu

Vidéo de la dernière scène de M le Maudit (14 minutes): https://www.youtube.com/watch?v=-iPjdT3-Xmg&t=1s

Film en entier: https://www.youtube.com/watch?v=ssdtn60srNc

Exemple: la figure de Médée

Malgré une longue lutte, sa raison ne parvenant pas à vaincre sa folie, elle se dit :Résultat de recherche d'images pour "médée"
« C’est en vain que tu résistes, Médée ; je ne sais quel dieu s’oppose à toi ; et il serait étonnant que ce ne soit ce qu’on appelle l’amour, ou en tout cas une chose qui y ressemble. Pourquoi donc les ordres de mon père me semblent-ils trop durs ? C’est que vraiment ils sont trop durs ! Pourquoi craindre la perte d’un homme que je viens seulement de voir ? Pourquoi une telle crainte ? Si tu le peux, malheureuse, rejette ce feu que tu nourris en ton coeur virginal ! Si je le pouvais, je serais plus raisonnable ! Mais une force nouvelle pour moi m’entraîne contre mon gré ; mon désir me suggère une chose, ma raison une autre ; le meilleur parti, je le vois et je l’approuve mais je choisis le pire. (Video meliora, proboque, deteriora sequor) », Ovide, Les métamorphoses, VII, 44-71

 

Textes à utiliser comme références dans la dissertation:

Auteurs vus en cours:

Thomas D’Aquin – Somme théologique

Spinoza – Ethique,

Descartes – Méditations métaphysiques,

Bergson, Freud, Bourdieu.

 

Platon – Nul n’est méchant volontairement

“SOCRATE – Il est évident par conséquent que ceux-là ne désirent pas le mal, qui ne le connaissent pas comme mal, mais qu’ils désirent ce qu’ils prennent pour un bien, et qui est réellement un mal; de sorte que ceux qui ignorent qu’une chose est mauvaise, et qui la croient bonne, désirent manifestement le bien. N’est-ce pas?

MENON – Il y a toute apparence.

SOCRATE – Mais quoi ! les autres qui désirent le mal, à ce que tu dis, et qui sont persuadés que le mal nuit à celui dans lequel il se trouve, connaissent sans doute qu’il leur sera nuisible?

MENON – Nécessairement.

SOCRATE – Ne pensent-ils pas que ceux à qui l’on nuit, sont à plaindre en ce qu’on leur nuit?

MENON – Nécessairement encore.

SOCRATE- Et qu’en tant qu’on est à plaindre, on est malheureux?

MENON – Je le crois.

SOCRATE – Or est-il quelqu’un qui veuille être à plaindre et malheureux?

MENON – Je ne le crois pas, Socrate.

SOCRATE – Si donc personne ne veut être tel, personne aussi ne veut le mal. En effet, être à plaindre, qu’est-ce autre chose que désirer le mal et se le procurer ?

MENON – Il paraît que tu as raison, Socrate : personne ne veut le mal.” Platon, Ménon [77e-78b]

 

Augustin: Le vol des poires

“Le vol, en tout cas, est puni par ta Loi et par ta Loi qui est écrite dans le cœur des hommes, et que leur iniquité n’abolit pas : car existe-t-il un voleur qui supporte avec sérénité de se faire voler ? Non, fût-il dans l’opulence, et son voleur traqué par l’indigence !

Eh bien, moi, j’ai consenti à commettre un vol, et je l’ai commis sans y être poussé par la misère, mais tout simple­ment par pénurie et dégoût de justice, gavé que j’étais d’iniquité. Car ce que j’ai volé, je l’avais en abondance, et de bien meilleure qualité ; et ce dont je voulais jouir, ce n’était pas l’objet visé par le vol, mais le vol lui-même et la transgression.

Il y avait, proche de nos vignes, un poirier, chargé de fruits qui n’étaient alléchants ni par leur apparence, ni par leur saveur. Entre jeunes vauriens nous allâmes secouer et dépouiller cet arbre, par une nuit profonde – après avoir, selon une malsaine habitude, prolongé nos jeux sur les places –, et nous en retirâmes d’énormes charges de fruits. Ce n’était pas pour nous en régaler, mais plutôt pour les jeter aux porcs : même si nous y avons goûté, l’important pour nous, c’était le plaisir que pouvait procu­rer un acte interdit.

Voici ce coeur, ô Dieu! ce coeur que vous avez vu en pitié au fond de l’abîme. Le voici, ce coeur; qu’il vous dise ce qu’il allait chercher là, pour être gratuitement mauvais, sans autre sujet de malice que la malice même. Hideuse qu’elle était, je l’ai aimée ; j’ai aimé à périr; j’ai aimé ma difformité; non l’objet qui me rendait difforme , mais ma difformité même, je l’ai aimée ! Âme souillée, détachée de votre appui pour sa ruine, n’ayant dans la honte d’autre appétit que la honte!”, Augustin, Les confessions, IV. 9.

 

Le Marquis de Sade: dans ce texte de Sade, Dolmancé enseigne l’immoralité à Eugénie ; ici il justifie l’usage de la cruauté, selon lui, on peut éprouver de la jouissance au mal infligé à autrui, de là vient le terme sadisme. Opposant ce que nous enseigne la nature à l’éducation contraignante de la société, il donne raison au plus fort qui aura toujours le dernier mot.

“À quel titre ménagerions-nous donc un individu qui ne nous touche en rien ? À quel titre lui éviterions nous une douleur qui ne nous coûtera jamais une larme, quand il est certain que de cette douleur va naître un très grand plaisir pour nous ? Avons-nous jamais éprouvé une seule impulsion de la nature qui nous conseille de préférer les autres à nous, et chacun n’est-il pas pour soi dans le monde? Vous  nous parlez d’une voix chimérique de cette nature, qui nous dit qu’il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu’il nous fût fait; mais cet absurde conseil ne nous est jamais venu que des hommes, et d’hommes faibles. L’homme puissant ne s’avisera jamais de parler un tel langage. Ce furent les premiers chrétiens qui, journellement persécutés pour leur imbécile système, criaient à qui voulait l’entendre : « Ne nous brûlez pas, ne nous écorchez pas ! La nature dit qu’il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu’il nous fût fait.» Imbéciles ! Comment la nature, qui nous conseille toujours de nous délecter, qui n’imprime jamais en nous d’autres mouvements, d’autres inspirations, pourrait-elle, le moment d’après, par une inconséquence sans exemple, nous assurer qu’il ne faut pourtant pas nous aviser de nous délecter si cela peut faire de la peine aux autres ? Ah ! croyons le, croyons le, Eugénie, la nature, notre mère à tous, ne nous parle jamais que de nous ; rien n’est égoïste comme sa voix, et ce que nous y reconnaissons de plus clair est l’immuable et saint conseil qu’elle nous donne de nous délecter, n’importe aux dépens de qui. Mais les autres, vous dit-on à cela, peuvent se venger… A la bonne heure, le plus fort seul aura raison. Eh bien, voilà l’état primitif de guerre et de destruction perpétuelles pour lequel sa main nous créa, et dans lequel seul il lui est avantageux que nous soyons.”, Sade, La Philosophie dans le boudoir, Troisième dialogue (1795)

 

TL – La liberté est-elle une illusion?

Films:

  • Un film de fiction qui raconte l’invention de la psychanalyse Passions secrètes de Huston:

 

 

  • Un extrait de la La sociologie est un sport de combat, documentaire de Pierre Carles sur le sociologue Pierre Bourdieu:

 

  • Le documentaire Le cerveau et ses automatismes :

 

  • Une présentation et une critique de l’expérience de Libet:

 

 

Musique :

  • Clip du morceau « Habitus » de Rocé (illustre la notion à l’origine philosophique, maintenant surtout sociologique d’habitus) :

 

 

  • Clip de IAM « On n’est pas nés sous la même étoile » (fatalisme):

 

 

  • Clip de Milk, Coffee & Sugar, « Alien » qui répond à Kery James qui disait « on n’est pas condamnés à l’échec », « On n’est pas condamnés à l’ESSEC » :

 

 

Exercices de révisions:

Une vidéo d’un cours d’un autre professeur sur la même question: